mercredi 23 mai 2018
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Afrique du Sud: Dernier hommage à Winnie Mandela

Des dizaines de milliers de personnes ont rendu samedi un dernier hommage à Winnie Madikizela-Mandela, porte-flambeau populaire mais controversé de la lutte contre l’apartheid, dans le township de Soweto.
C’est la conclusion des dix jours de deuil national. Samedi 14 avril, des dizaines de milliers de personnes ont acclamé la dépouille de Winnie Madikizela-Mandela, figure populaire mais controversée de la lutte contre l’apartheid, lors d’obsèques nationales. Celle qu’on surnommait le « roc », « la Mère de la nation », la « libératrice » ou l' »héroïne », est décédée le 2 avril à 81 ans des suites d’une longue maladie.

Escorté par des motards, le cercueil de « Mama Winnie », recouvert du drapeau sud-africain, a quitté samedi matin son domicile de Soweto, la banlieue pauvre de Johannesburg à laquelle elle est restée fidèle toute sa vie.

Arrivée au stade d’Orlando, à quelques kilomètres de là, la dépouille a été saluée par quelque 20 000 personnes en deuil qui, le poing levé, ont entonné à pleins poumons une chanson de la lutte « Il n’y a personne comme Winnie Mandela ».

Flamme de la résistance

Pendant les vingt-sept années de détention de son mari de l’époque Nelson Mandela, Winnie Madikizela-Mandela a entretenu la flamme de la résistance à l’apartheid, malgré les tortures, les humiliations et les séjours en prison.

La photo du couple, main dans la main, à la libération de Nelson Mandela en 1990 symbolise la victoire sur le régime raciste blanc, qui tombera officiellement quatre ans plus tard. Leur couple, lui, ne survivra pas. Ils se sont séparés en 1992, deux ans avant l’accession à la présidence du prix Nobel de la paix, auréolé de toute la gloire.

Plusieurs dirigeants étrangers, dont les chefs d’État congolais Denis Sassou Nguesso et namibien Hage Geingob, avaient fait le déplacement en Afrique du Sud. Jesse Jackson, militant emblématique des droits civiques aux États-Unis, et la top model britannique Naomi Campbell étaient assi présents..

Une image qui s’est dégradée au fil des années

Zenani Mandela-Dlamini a profité de son discours pour s’en prendre violemment à ceux qui ont « diabolisé » l’image de sa mère, elle qui a combattu et « triomphé » de « l’un des régimes les plus puissants et cruels du siècle dernier ».

Winnie Mandela a été mise en cause dans les exactions commises par sa garde rapprochée, le « Mandela United Football Club », qui a fait régner la terreur à Soweto à la fin des années 80.

Elle a été condamnée en appel à deux ans de prison avec sursis et une amende pour l’enlèvement en 1988 de quatre jeunes hommes, dont l’un, Stompie Seipei, est ensuite décédé.

Près d’un quart de siècle après la fin officielle de l’apartheid en 1994, les motivations de ce groupe restent toujours mystérieuses. Selon un ancien policier repenti, le régime blanc l’avait infiltré. À l’époque, l’ANC, fer de lance de la lutte anti-apartheid, avait fait part de son inquiétude. Winnie Mandela avait ignoré ses appels.

Cette semaine, le président Cyril Ramaphosa a demandé à ne pas « diaboliser » Winnie. « Mama n’était pas une personne parfaite », a reconnu auprès de l’AFP la ministre de la Communication Nomvula Mokonyane. « Beaucoup d’entre nous ont fait des choses bien, mais aussi des choses terribles pendant la lutte. Il ne faut jamais oublier le contexte », a-t-elle insisté, estimant que la militante était critiquée « parce qu’elle est une femme ».

La fin de la cérémonie a coïncidé avec le début d’un violent orage, interprété par la foule comme une bénédiction.

Le cortège funéraire s’est ensuite dirigé vers le cimetière de Fourways, un quartier résidentiel de Johannesburg, où l’égérie doit être enterrée aux côtés d’une de ses petites-filles. Il était précédé de plusieurs dizaines des sympathisants de Winnie Mandela dansant sous une pluie battante.

Texte par FRANCE 24
@AFP

A Propos La Rédaction

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