mardi 26 septembre 2017
Accueil / La Une / Madagascar: Deux morts et 89 blessés dans un attentat dans un stade

Madagascar: Deux morts et 89 blessés dans un attentat dans un stade

C’est une grenade lancée dans un stade d’Antananarivo qui serait à l’origine du drame. Le président Rajaonarimampianina pointe du doigt l’opposition.


Deux personnes sont mortes et 89 ont été blessées dans un attentat à la grenade à Madagascar. L’explosion a eu lieu vers 16h dans un stade d’Antananarivo, où se tenait un concert gratuit à l’occasion de la fête de l’indépendance de cette ancienne colonie française.  

Les deux victimes décédées seraient des adolescents âgés de 16 et 18 ans, affirme la gendarmerie dans un communiqué. Parmi les quelque 90 blessés, six se trouveraient dans un état critique, selon l’hôpital qui les prend en charge.  

« Trois fouilles à l’entrée »

« C’est une grenade qui est à l’origine de la déflagration. On peut le qualifier d’acte terroriste », a déclaré de son côté le général Anthony Rakotoarison, directeur de la sécurité et des renseignements de la gendarmerie.  

« Nous avons entendu une explosion qui a produit un bruit plus fort que celui de la sonorisation », a raconté à l’AFP, Fidèle John Joelison, un garçon de 15 ans blessé à la jambe. « Il y avait trois fouilles à l’entrée du stade. Donc je me demande comment l’auteur de l’attentat a pu faire entrer la bombe », ajoute t-il. 

Sans donner aucune information sur l’enquête en cours, le président Hery Rajaonarimampianina, qui s’est rendu à l’hôpital où les victimes ont été prises en charge, a rapidement évoqué une piste politique. « Une divergence de point de vue peut exister entre nous. Mais les actes de déstabilisation sont inadmissibles. Si le dirigeant ne vous convient pas (…) on ne peut pas tuer comme ça la population », a-t-il dit, dans une déclaration diffusée par la télévision nationale. 

« Trop facile d’accuser l’opposition »

« On ne tolère jamais les déstabilisations. D’autant plus que ceci n’est pas seulement une déstabilisation mais un acte de terrorisme qui est allé jusqu’à des homicides », a ajouté le chef de l’Etat, lançant un appel au calme à la population. « J’appelle aussi le peuple à prendre sa responsabilité face à cette situation (…) Je lance un appel au calme à l’endroit du peuple. On ne va pas répondre à la violence par la violence mais par l’application de la loi, le plus sévèrement possible », a-t-il poursuivi. 

« C’est trop facile d’accuser l’opposition », a réagi le député Guy Rivo Randroanariso. « Je ne suis pas convaincu que ce soit la divergence de point de vue qui pousse des gens à commettre une telle atrocité » a indiqué pour sa part Omer Beriziky, ancien premier ministre de 2011 à 2014, l’une des voix critiques envers le régime actuel. 

Le dernier attentat à Madagascar remontait au 25 janvier 2014. Déjà l’explosion d’une grenade avait fait un mort et plusieurs blessés à l’extérieur du même stade, dans la rue. L’auteur n’avait jamais été arrêté et les circonstances de cet attentat n’ont pas encore été élucidées. 

A Propos La Rédaction

Commentaire